Jeunes gens modernes

Publié le par lady flo





Alors voilà, il fut un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître: les années 80.
Une génération en fait. Celle des années 60, ceux qui avaient une dizaine d’années en 68. En 80 ils avaient 20 ans.
La musique  de l'époque ? Elle était marquée par l’avènement du synthé. Le synthétiseur était enfin devenu abordable aussi bien financièrement que de maniement. Il apportait une richesse inouïe de sons, de tonalités, de possibilités.
Les boîtes à rythmes aussi arrivaient sur le marché. Elles permettaient de faire l'économie de l'encombrante et si bruyante batterie, le tout en rajoutant des sons hallucinants Les maisons de disques signaient des contrats à tour de bras.
 D'ailleurs on ne donnait pas cher de la peau des vinyles face au nouveau support : le  CD. On craignait beaucoup aussi l’ordinateur en musique. D’aucun y voyaient la mort des « vrais musiciens »

La Bretagne faisait parler d’elle en bien et en rock. Elle fourmillait de groupes, de talents. Pour n’en citer que deux : Daho, Marquis de Sade. A Paris c’était l’effervescence. Les groupes de rock poussaient comme des champignons, les stylistes leur composaient des tenues. Les illustrateurs s’éclataient sur les pochettes. Les couleurs étaient franches, rutilantes, ou alors c’était noir et blanc. On vivait dans une BD.
Les boîtes, les fêtes, les concerts et expos tissaient des liens entre tous ces gens. C’était fluide, léger comme le doigt d’un enfant qui anone quelques notes sur un clavier.

Le revers de la médaille fut la drogue et peu de temps après, le Sida.

L’expo de la galerie Agnès B est terminée. J’y suis passée un après-midi. Et j’en suis sortie attristée. Croiser tous ces visages, reconnaître lieux, endroits, morceaux de musique. Savoir exactement à qui appartient ce tableau exposé là, et pire connaître la place qu’il occupait chez son propriétaire en 81. Peiner à reconnaître dans ce monsieur grisonnant qui papote dans un documentaire l’illustrateur mille fois croisé.
S’arrêter devant le portrait d’un ami disparu, se dire qu’au moins il n’aura pas vieilli, pas connu cette amertume là.
Vivre, c’est mortel.





free music

Publié dans autres

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article